Petit extrait, au (presque) hasard des pages et d'Ajaccio
Sous les arcades du café Nord-Sud, devant une glace au cédrat, Clémence dit quelle aime bien cette ville, quon ne se rend pas trop compte, vu du continent, combien elle incite à la douceur des choses (...) Je pointe le doigt vers lavant : "regardez, tout là-bas". La vue ricoche sur la place, et enjambe la balustrade qui surplombe la mer. De lautre côté du golfe, les montagnes trempent déjà leurs pans dans leau noire, et le bleu sombre de la côte disparaît dans un bleu plus sombre encore. Çà et là, de petits groupes de lumières apparaissent, comme des constellations décrochées du ciel, et brochées au revers des pentes. La Corse sestompe, les villages sallument pour rassurer les hommes.
Après quelques mètres sur le Cours Napoléon, nous dévalons une ruelle qui conduit à la rue Fesch. Clémence sarrête devant de minuscules vitrines, tassées sous des immeubles en lambeaux. Plus loin, elle achète des cartes postales, et quelques souvenirs que je compte malgré moi - pour savoir à combien de gens elle pense -.
Nous arrivons bientôt sur une place rectangulaire, penchée vers la mer, et rivée au sol par un encadrement de palmiers. Au bord du quai, des barques bleues et rouges, qui portent de petits noms de saints ou de pécheresses, résistent encore aux capitaux flottants. Leau du soir est plate, on dirait du verre fumé. Juste derrière nous, trois anciens bars, reconvertis en établissements honorables, veillent toujours sur le port, tandis quune poignée de lampions jouent aux étoiles dans la tonnelle. Alentour, les voix roulent des airs danis. Quelquefois, des sous-entendus séchappent en français, et alors le petit couvercle de verdure les étouffe de son mieux.
Nous pourrions rester là, ne plus repartir. Lintégration, cest une question de regard, et jai limpression quon aurait les yeux vite enracinés...
Extrait de "l'ombre au tableau" (F. Bonardi l'Harmattan, septembre 2005)
Commentaire n°1
posté par
F Bonardi
le 20/10/2005 à 00h14
Un commentaire relevé sur critiquesLibres, de Jéclaire (?)... Merci en tout cas, et au plaisir de vous lire !
critiqué par Jeclaire, le 5 octobre 2005
(36 ans)
La note:
Elle déteste, j'adore
Une de mes amies m'a conseillé de ne surtout pas lire "l'ombre au tableau". Chose à ne jamais me dire... Je ne sais pas ce qui l'a choquée à ce point dans ce livre, moi j'en ai aimé l'écriture, qui m'a embarqué dans l'histoire, j'ai ri souvent, j'ai été émue, je me suis étonnée, bref, tout ce que j'attends. Pour moi, une vraie découverte !
Commentaire n°2
posté par
F Bonardi
le 20/10/2005 à 00h51
Quelques rendez-vous
Samedi 19 et dimanche 20 novembre 2005, au salon du 1er roman à Draveil (91)
Mercredi 28 et jeudi 29 décembre 2005, Propriano et Sartène
En janvier 2006, aux rencontres du premier roman à Paris.
En présélection pour le Prix Alain Fournier 2006
Commentaire n°3
posté par
Fab
le 25/10/2005 à 23h55
l'ombre au tableau ... Pour tous ceux qui aiment la lecture c'est un voyage au coeur d'une histoire insolite entre Paris et la Corse...On s'attache au livre comme à ses personnages...Peut-être certains d'entre vous l'ont lu également?A conseiller en tout cas...
Commentaire n°4
posté par
From Belinda
le 06/11/2005 à 01h16
plein de charme. Ma note : 9/10
j'ai vraiment aime l'ecriture de ce livre
il m'a beaucoup plu, c'est un livre dans lequel on se sent bien. A quand le prochain?
Commentaire n°6
posté par
Marie Claire
le 07/12/2005 à 01h08
J'ai aimé!
L'écriture, les métaphores...Pour parler de l'amour, de ruptures, de rencontres, que de choses banales en somme souvent traitées dans les romans et pourtant, ce livre m'a étonné.Quielques clichés sur le Berry?, certes région à l'opposé de la Corse! Vite, un autre livre!
j’ai été séduite. Ces deux jours en compagnie de Sascha ont été haletants. Le personnage – pour une lectrice féminine ? – est en effet très attachant et intriguant, si intriguant qu’il mène l’intrigue, et qu’on ne peut lâcher le bouquin, désir irrépressible de lire incontinent la suite. En plus, il y a, ici et là, au détour d’une page, des expressions qui m’ont charmée, des phrases très vraies sur la vie en général, sur la vie de l’artiste et son rapport au temps.
Commentaire n°8
posté par
Johanna
le 06/01/2006 à 21h21
les lentilles à la litote c'est une image, la recette c'est de se retrouver à table avec des amis,avec une, voir 2 bonnes bouteilles,de la charcuterie "made in jacques houben" et d'être heureux de partager tous ça avec des gens qu' on appreçit.
Commentaire n°9
posté par
paula
le 23/01/2006 à 13h47
Ton livre a été un bon compagnon pendant mes trajets de bus. Ton personnage principal, drôle et triste, dur et indécis, ayant des problèmes moins avec les femmes qu'avec ses lubies, sorte de Quichote de la Carte du Tendre, est tout ce que j'aime. Bravo ! Thierry du Sorbier
Commentaire n°10
posté par
ThdS
le 23/01/2006 à 14h58
"femmes prennent toujours nos désirs pour des réalités" Bonjour, pourquoi cette affirmation...? quel est votre point de vue des femmes, de leurs desirs? et celles dans votre livre 'l'ombre au tableau' merci de votre réponse
Commentaire n°11
posté par
sun
le 26/01/2006 à 13h49
Merci Thierry !
Je te dirais bientôt ce que je pense d'Ottaviana (que tu retrouveras sur le site en rubrique "nouveaux auteurs")...
Merci aussi à Sun, à laquelle je répondrais volontiers de façon plus personnelle, dès que la titulaire de ce joli pseudo sortira de l'ombre...
Commentaire n°12
posté par
Fab
le 27/01/2006 à 02h10
Mes bouquins j'y tiens plus qu'à mes bijoux, en même temps les éclats d'esprits m'ont toujours plus séduit que le froid des diamants (sourire).
;-)
Commentaire n°13
posté par
Marie
le 20/04/2006 à 22h43
500 !
Merci !
Commentaire n°14
posté par
Fab
le 27/06/2006 à 00h12
Sous les arcades du café Nord-Sud, devant une glace au cédrat, Clémence dit quelle aime bien cette ville, quon ne se rend pas trop compte, vu du continent, combien elle incite à la douceur des choses (...) Je pointe le doigt vers lavant : "regardez, tout là-bas". La vue ricoche sur la place, et enjambe la balustrade qui surplombe la mer. De lautre côté du golfe, les montagnes trempent déjà leurs pans dans leau noire, et le bleu sombre de la côte disparaît dans un bleu plus sombre encore. Çà et là, de petits groupes de lumières apparaissent, comme des constellations décrochées du ciel, et brochées au revers des pentes. La Corse sestompe, les villages sallument pour rassurer les hommes.
Après quelques mètres sur le Cours Napoléon, nous dévalons une ruelle qui conduit à la rue Fesch. Clémence sarrête devant de minuscules vitrines, tassées sous des immeubles en lambeaux. Plus loin, elle achète des cartes postales, et quelques souvenirs que je compte malgré moi - pour savoir à combien de gens elle pense -.
Nous arrivons bientôt sur une place rectangulaire, penchée vers la mer, et rivée au sol par un encadrement de palmiers. Au bord du quai, des barques bleues et rouges, qui portent de petits noms de saints ou de pécheresses, résistent encore aux capitaux flottants. Leau du soir est plate, on dirait du verre fumé. Juste derrière nous, trois anciens bars, reconvertis en établissements honorables, veillent toujours sur le port, tandis quune poignée de lampions jouent aux étoiles dans la tonnelle. Alentour, les voix roulent des airs danis. Quelquefois, des sous-entendus séchappent en français, et alors le petit couvercle de verdure les étouffe de son mieux.
Nous pourrions rester là, ne plus repartir. Lintégration, cest une question de regard, et jai limpression quon aurait les yeux vite enracinés...
Extrait de "l'ombre au tableau" (F. Bonardi l'Harmattan, septembre 2005)
critiqué par Jeclaire, le 5 octobre 2005
(36 ans)
La note:
Elle déteste, j'adore
Une de mes amies m'a conseillé de ne surtout pas lire "l'ombre au tableau". Chose à ne jamais me dire... Je ne sais pas ce qui l'a choquée à ce point dans ce livre, moi j'en ai aimé l'écriture, qui m'a embarqué dans l'histoire, j'ai ri souvent, j'ai été émue, je me suis étonnée, bref, tout ce que j'attends. Pour moi, une vraie découverte !
Samedi 19 et dimanche 20 novembre 2005, au salon du 1er roman à Draveil (91)
Mercredi 28 et jeudi 29 décembre 2005, Propriano et Sartène
En janvier 2006, aux rencontres du premier roman à Paris.
En présélection pour le Prix Alain Fournier 2006
Auteur: belinda (15 messages)
Date: 03-11-2005 21:32
l'ombre au tableau ... Pour tous ceux qui aiment la lecture c'est un voyage au coeur d'une histoire insolite entre Paris et la Corse...On s'attache au livre comme à ses personnages...Peut-être certains d'entre vous l'ont lu également?A conseiller en tout cas...
j'ai vraiment aime l'ecriture de ce livre
L'écriture, les métaphores...Pour parler de l'amour, de ruptures, de rencontres, que de choses banales en somme souvent traitées dans les romans et pourtant, ce livre m'a étonné.Quielques clichés sur le Berry?, certes région à l'opposé de la Corse! Vite, un autre livre!
les lentilles à la litote c'est une image, la recette c'est de se retrouver à table avec des amis,avec une, voir 2 bonnes bouteilles,de la charcuterie "made in jacques houben" et d'être heureux de partager tous ça avec des gens qu' on appreçit.
Ton livre a été un bon compagnon pendant mes trajets de bus. Ton personnage principal, drôle et triste, dur et indécis, ayant des problèmes moins avec les femmes qu'avec ses lubies, sorte de Quichote de la Carte du Tendre, est tout ce que j'aime.
Bravo !
Thierry du Sorbier
Bonjour, pourquoi cette affirmation...? quel est votre point de vue des femmes, de leurs desirs? et celles dans votre livre 'l'ombre au tableau' merci de votre réponse
Je te dirais bientôt ce que je pense d'Ottaviana (que tu retrouveras sur le site en rubrique "nouveaux auteurs")...
Merci aussi à Sun, à laquelle je répondrais volontiers de façon plus personnelle, dès que la titulaire de ce joli pseudo sortira de l'ombre...
en même temps les éclats d'esprits m'ont toujours plus séduit que le froid des diamants (sourire).
;-)
Merci !